mardi 11 novembre 2008

La guerre, la pire des saloperies.

...faire s'entretuer des gens pauvres qui ne se connaissent pas
au profit de gens riches qui, eux, se connaissent!

En mémoire de tout les morts de la 1ére guerre mondiale et des mutins fusillés ..

La Chanson de Craonne - 1917

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés
Huit jours de tranchée,
huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain -
C'est malheureux d'voir
sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont le pognon,
ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros
De monter sur l'plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Paroles de poilus:

« En fait, le poilu n’avait qu’un espoir : la fin de la catastrophe où il avait été jeté. Aucun des grands mots creux : Défense de la civilisation ou guerre du droit n’avait en lui la moindre résonance. Il détestait beaucoup moins les Allemands que les gendarmes dont certains à Verdun furent plantés à des crocs de bouchers, et aucun des grands chefs, sinon le Pétain de 1917, ne fut populaire chez les poilus"
(Galtier-Boissière, Mémoires d'un Parisien, tome 1)

« Pendant ces années de guerre il y eut plus de distance d’un homme de troupe à un capitaine que du serf au seigneur d’autrefois. J’ai vu des hommes garnir de planches un abri creux, parce que le commandant s’était blessé les coudes ; ces hommes dormaient par terre et sans aucun abri. Je signale ces petites choses parce que tous ceux qui écrivent sur la guerre sont des officiers qui ont profité de ces travaux d’esclave sans seulement y faire attention. »
(Alain, Mars ou la Guerre Jugée)

N.B : Il n'est pas inutile de dénoncer l'amalgame trop souvent fait entre le soldat et l'homme.Il est bon de rappeller la différence. Cette illusoire « égalité dans les tranchées » a favorisé le nazisme qui jouait sur cela.

lundi 10 novembre 2008

Commémoration du 11 Novembre


Un rapport commandé par l'Elysée
préconise la suppression de neuf
commémorations nationales sur douze.


Le Maître mot du mandat de Sarko c'est
"suppression".
Sarko:
Napoléon ou Attila ?

Congrés du PS : état des lieux aprés le vote




A la section socialiste de Harnes, les adhérents se sont mobilisés, exprimés et ont choisi.... de ne pas choisir entre Martine, arrivée première d'une courte tête, et Bertrand sur qui se sont placés tous les autres suffrages. Finalement, cela me convient assez. Pourquoi en effet être mécontent de ce résultat ? L'une et l'autre sont socialistes et nous ne sommes pas en guerre les uns contre les autres, mais contre la droite. Les seules défaites qui me désolent, ce sont celles-là.

Alors, qui va succéder à François Hollande ?


La logique démocratique veut que la motion arrivée en tête, c'est-à-dire Ségoléne Royal, propose, et que les autres décident. A l'heure qu'il est, tout est possible, y compris une alliance Royal-Hamon, qu'évoquent certains camarades. C'est tout dire ! Henri Emmanuelli prône l'union des motions A, D et C contre Ségoléne. Je pense que ce serait faire injure au suffrage universel. Imagine-t-on un seul instant la constitution d'un front déjouant le suffrage des militants et plaçant dans la minorité celle qui a obtenu la majorité relative des adhérents? C'est aujourd'hui invraisemblable, cette manœuvre se retournerait contre ses initiateurs, l'opinion publique, qui s'est habituée au respect de la démocratie, ne comprendrait pas.

Maintenant tout le travail et le talent de Ségoléne vont être de trouver un candidat qui rassemble. C'est là encore un principe de base en politique: quand on est minoritaire, trouver un candidat qui rassemble. Et même quand on est majoritaire, il est bon d'appliquer ce principe, par souci d'efficacité.

Alors, Ségoléne va choisir qui? Julien Dray? C'est un bon organisateur, il est député, il a une surface médiatique, il est ancré à gauche. Manuel Valls? Inconnu du grand public, il incarne bien la nouvelle génération mais dans notre parti il est trop marqué à droite. Vincent Peillon? Au jeu des pronostic, il serait mon favori. Son premier atout est de n'être candidat à rien, ce qui permet en politique d'être candidat à tout. Fidèle de Ségoléne, il est sur une ligne très social-démocrate, tout en étant un fervent rénovateur. Il a été proche Hamon dans le NPS première mouture, ce qui l'ouvre à la gauche du Parti. Il parle bien et passe très bien sur la scène médiatique. Enfin, son principal atout c'est qu'il n'est pas présidentiable, donc il ne gêne pas... les présidentiables. Mais Ségoléne peut aussi aller chercher son candidat dans une autre motion, pour manifester encore plus son souci d'unité. Je verrais bien Pierre Moscovici dans ce rôle!


De son côté, Benoit Hamon maintient lui aussi sa candidature au poste de premier secrétaire. Ce qui signifie qu'il veut continuer à unifier et représenter ce qui reste de l'aile gauche, après les départs de Dolez et Mélenchon ( Tiens, il était encore au PS celui-la?). Benoit a affirmé qu'il négociait avec tout le monde, y compris avec Ségoléne. Pas facile d'y retrouver ses petits! Chevènement semble se réjouir simultanément des scores de Royal et de Hamon, alors que l'une et l'autre proposent des orientations politiques opposées. C'est à ne plus rien y comprendre!


L'opinion s'interroge à notre sujet et cela devient lassant. Il est grand temps que le Parti se donne un premier secrétaire qui rassemble largement, un point c'est tout!


Idem dans le Pas de Calais, où on est dans le brouillard. Personne ne sait qui sera désigné Premier secrétaire par la fumée blanche, comme au Vatican après la mort d'un Pape. Sauf que le pape n'est pas mort et que dans sa propre chapelle il a trois rivaux. Sans compter les autres candidatures émanant des motions A et E. Notre camarade Guy Delcourt pourrait être celui qu'attendent les militants du Pas de Calais de plus en plus nombreux à souhaiter pour notre fédération un rajeunissement des cadres, une organisation plus efficace et une stratégie plus offensive.

mercredi 5 novembre 2008

Saint Martin, Patron de la Paroisse de Harnes.

Le 11 novembre est traditionnellement le jour de la Saint Martin.

C'était une fête fondamentale dans la vie de nos ancêtres paysans, puisqu'elle marquait la fin des travaux saisonniers et l'entrée dans la période hivernale. Foires et marchés étaient alors l'occasion d'échanges indispensables, c'était aussi le moment de grands repas qui marquaient ce moment important de la vie communautaire ; dans ces repas, le cochon avait une place primordiale : Ayant mangé tous les glands de l’été, arrivés à maturité, ils étaient abattus fin octobre pour être salés, fumés, bref, pour faire les provisions d’hiver.
Au-delà de la fête religieuse, la Saint-Martin correspond à une césure dans le cycle annuel des travaux des campagnes. Les récoltes sont terminées et les granges et les greniers sont bien remplis. Le 11 novembre correspondait pour les ouvriers, les serfs, au paiement de leur salaire ( vivants sur le compte de la ferme, ils n'étaient payés qu'une fois l'an, à cette date), et pour les paysans, à l'échéance pour le paiement des baux, des rentes et des intérêts. Jour faste pour les uns, jour triste pour les débiteurs.
Martin annonce déjà l’hiver, malgré son « été de la saint Martin » sorte d’été indien, accalmie dans le soleil automnal qui, selon un proverbe alsacien, dure peu de temps : « D’ Martin Summer dürt frei Tag un e Bissel » (L’été dure trois jours et un peu).
Nos dictons nous préviennent, « clair à la saint Martin, déjà l’hiver vient », ou encore « Saint Martin fait le feu dans la cheminée », le temps est venu des soirées au coin du feu, des veillées .

Le saint évêque de Tours du IVe siècle jouit dans maintes régions de France, d'une popularité très ancienne . Plus de cinq cents villages de France, comme ici à Harnes, lui ont dédié leur église paroissiale.

Notes : On doit supposer que nos ancétres devaient festoyer bien vigoureusement à cette date, puisque le Synode d’Auxerre va interdire en 578 les festins de la vieille de la fête de Saint Martin, car ils engendraient trop d’orgies et de beuveries. Du reste, en ancien français
« martiner » c'est boire beaucoup et "avoir la maladie de Martin " signifie également être gris.

Selon une légende, Saint Martin portant la bonne parole sur les côtes flamandes, aurait perdu son âne. Ce dernier serait parti brouter ailleurs, alors qu'il tentait d'évangéliser les pêcheurs d'un petit village, futur Dunkerque. À la nuit tombée, les enfants du pays se mettant à sa recherche, avec force lanternes, l'ont retrouvé dans les dunes, en train de manger des chardons et des oyats. (On retrouve ici la pratique des lumignons et de la procession enfantine). Pour remercier les enfants d’avoir retrouvé son animal, saint Martin a transformé toutes les petites crottes de l'âne en brioches à la forme particulière, que l'on appelle folard (Voolaeren, en flamand), ou craquandoules.A Dunkerque on entend encore aujourd'hui cette chanson entonnée par les enfants :
“Saint Martin
Boit du vin
Dans la rue des Capucins
Il a bu la goutte
Il a pas payé
On l'a mis à la porte
avec unCoup d'balai »

Le foklore de Touraine prétend que tous les ânes se nomment Martin. Ceci depuis que l'âne de St Martin révéla la taille de la vigne en broutant celle-ci. En souvenir de cet âne, St Martin est devenu le protecteur traditionnel des ânes et des animaux.

mardi 4 novembre 2008

OBAMA est élu Président des Etats Unis


Le monde se met à espérer .
Avec OBAMA
l' Amérique retrouve le bonheur d'apporter au monde des solutions .
Depuis trop longtemps elle n'était que source de problèmes .
Les Etats Unis renaissent.
La statue de la Liberté recommence à sourire, de nouvelles libertés sont à inventer et à partager.
C'est une bonne nouvelle pour le peuple américain .
C'est une très bonne nouvelle pour le Monde, pour la Paix .

Former les militants

Tous les militants socialistes ont reçu la semaine dernière le rapport d'activité du PS dans leur boîte à lettres. Qui l'a lu? Pour ma part je ne me suis intéressé qu'à la partie concernant l'activité de formation, placée sous la tutelle d'Henri Weber. J'avoue que c'est assez déprimant.

Or, dans la lutte des socialistes contre un ordre social inégalitaire, j'estime que la formation des militants doit être replacée au cœur de nos préoccupations. La popularisation de nos valeurs, de notre projet et de nos réponses à la crise nécessite un travail bien plus profond qu’une simple campagne télévisée.
Pour convaincre la population, il faut aller vers les gens. Les militants doivent être présents sur le terrain idéologique, savoir argumenter, maitriser ce premier outil de communication qu'est la parole. C'est ce qu'on appelle «faire notre propagande» et cela n'est pas péjoratif.
Quand l'industrie médiatique est entre les mains de la Droite, seul un travail de terrain peut faire émerger une France socialiste. Comment s'y prendre? En revenant aux vieilles méthodes.
Le PS est lié à un grand nombre d’associations de terrain et il y a sûrement quelque chose à faire de ce réseau. Ensuite, il faut utiliser au mieux le réseau des militants. Pour organiser des diffusions de tracts, des journaux locaux (qui traitent à la fois des enjeux locaux et nationaux)… et surtout organiser des réunions pour (re)créer un lien entre le Parti et la population. Ce travail nécessite de revaloriser la place des militants dans le Parti. Bref, il faut faire du PS un parti de militants et pas seulement celui de notables. Et peut-être un jour un parti de masse. C’est par un tel travail de longue haleine, en ressassant parfois certains thèmes, en convaincant nos concitoyens, les uns après les autres, pied par pied, dans les quartiers , dans immeubles, rue par rue, qu’on construira quelque chose de durable. Nous l'avons fait ici à Harnes. Renforcer le lien entre le Parti et le peuple passe aussi par une meilleure écoute qui fasse remonter les revendications populaires jusqu’aux débats idéologiques, une écoute qui soit aussi une forme de conseil aux personnes en situation difficile (comme parfois les syndicats au sein de entreprises) et donc une écoute créatrice de confiance…
Cet objectif passe par la formation des militants. A mon avis le premier travail consistera à convaincre les militants socialistes eux mêmes de cette nécessité de leur donner de réels outils politiques pour débattre, argumenter et convaincre. Apprendre comment prendre la parole dans des réunions publiques, comment rédiger des articles locaux ou organiser toute autre action militante.
Ce travail de formation ne doit donc pas seulement concerner les cadres du parti, mais être proposé à tous les militants, non pas au niveau fédéral, trop lointain, trop centralisé, mais à l'échelle de la section si c'est possible ou sinon en regroupant plusieurs sections.
C'est ainsi que les convictions transmises aux militants par ces formations feront tâche d'huile.
Dernier point. Ces formations doivent également permettre à d'autres que des énarques, des universitaires, des prof, des médecins, de prendre des responsabilités dans notre parti ou d'exercer des mandats locaux ou nationaux. La promotion sociale doit être une réalité dans nos rangs. Il faut former nos camarades qui n'ont pas pu, ou n'ont pas voulu quand c'était possible, poursuivre des études supérieures voire même secondaires . Les exemples ne manquent pas de militants qui ont démontré qu'on pouvait être issu de milieux populaires et exercer avec qualité des mandats électifs, en apportant dans l'exercice de leurs fonctions un regard radicalement différent de celui qui n'a connu que l'ENA et le pouvoir.

HARNES : Le Monument aux Morts. Mémoire de Pierre


Beaucoup de Monuments aux Morts comportent des sculptures qui montrent un soldat, le «poilu» en posture héroïque, qui se bat ou qui est mort.
D'autres, comme celui de Harnes, montrent des civils, une femme ou un enfant, en pleurs, pour marquer le deuil de la communauté vis à vis de ses fils disparus, la femme pouvant être l'allégorie de la Paix, la France, la Commune...
Certains monument sont carrément pacifistes.
Celui de Gentioux, dans la Creuse, montre un enfant avec son tablier d’écolier. Mais l’enfant tend son poing à la guerre. Et sur le monument est écrit: «Que maudite soit la guerre».
A Equeurdreville, dans la Manche, on retrouve cette même inscription, mais le monument représente une mère, ses enfants serrés contre elle. Tous sont en pleurs. Quelques monuments seulement de ce type sur les 36.000 que notre pays compte, c’est peu. Saisissant également est le monument aux morts de Péronne où une femme allongée aux côtés de son fils ou de son mari mort, tend un poing rageur en direction de la guerre. Au Mort-Homme, l’un des hauts lieux de la bataille de Verdun, où des milliers d’hommes sont morts, le squelette d’un poilu sort de sa tombe. Tout un symbole!
A Harnes, après l’armistice, au retour des corps des soldats morts pour la France, le conseil municipal de notre ville sur la proposition de son maire, M. Choquet, accorda gratuitement des concessions aux familles pauvres et chargea l’association des mutilés et anciens combattants de l’entretien des terrains au cimetière. Cette association puissante ne voulut pas en rester là et pour honorer ses 237 compagnons glorieusement tombés pour la patrie, leur firent ériger le mausolée qui a été inauguré le 11 Novembre 1925 et qui est toujours visible au cimetière.
Oeuvre de Rogerol, Prix de Rome, le bas-relief qui orne la face principale du monument symbolise l’émouvante douleur d’une femme, mère ou épouse devant l’éternel souvenir d’un être cher à jamais disparu. Reconnaissant hommage à la mémoire des Harnésiens tombés pour le salut de la grande patrie et la défense de nos foyers menacés, ce monument écarte tout symbole de guerre et cherche plus simplement à fixer par le bronze et la pierre l’histoire douloureuse de nos morts et de dresser à la face du monde l’image de leur souffrance, de leur courage et de leur dévouement



Voici comment le journal le Journal de Lens rapporte l’inauguration du monument aux morts de Harnes dans son édition du 15 novembre 1925:


La commune de Harnes qui compte aujourd’hui 15000 habitants et qui a tant souffert pendant la guerre, a procédé dimanche à l’inauguration d’un monument élevé à la mémoire de ses 237 enfants tombés sur le champ de bataille. Cette grande cérémonie était placée sous la présidence d’honneur de M. Fontenailles, président de la fédération du Pas-de-Calais. Nous avons donné la photographie du mausolée érigé au cimetière sur un terrain concédé à perpétuité par la municipalité, dû au talent de M. Rogerol, prix de Rome, et exécuté par M. Goniaux.
Dimanche, la ville de Harnes avait revêtu sa parure des jours de grande fête. Presque toute la population avait arboré l’emblème national. Le temps passable permit à la cérémonie de se dérouler conformément au programme établi.
A 14 heures, il y eut un grand rassemblement des sociétés locales, musiques, sapeurs-pompiers, gymnastique, l’union des anciens combattants, sociétés de secours mutuels, pupilles de la nation, des délégations des sociétés des anciens combattants de communes voisines en face du monument aux morts des combattants des 1870, rue des Hospices.Une foule immense d’habitants se plaça derrière les dites sociétés, puis un défilé eut lieu dans les principales rues de la ville, aujourd’hui presque totalement reconstituées. Vers 15 heures, l’immense cortège (6 à 7000 personnes) arrivait au cimetière. La musique municipale la Jeune France joue une marche funèbre et est suivie des différentes sociétés, du conseil municipal, Choquet, maire, en tête ; de MM. Goniaux, Rogerol, Mac Corkel, Dupont et Virel, adjoints au maire ; MM. Duchesne, Soufflet, Dacheville, Derache, Demarcq, Delattre, Bacquez, Flanquart, du conseil d’administration des anciens combattants de Harnes ; MM. Mastaing, Neuville, des anciens combattants de Lens, etc.La foule et les représentant des différentes sociétés déposent alors de nombreuses gerbes de fleurs au pied du monument
La clique des sapeurs-pompiers sonne Aux Champs et la série des discours commence. C’est d’abord M. Alfred Duchesne, qui prend la parole au nom des anciens combattants et des mutilés d’Harnes. Plein d’émotion, M. Duchesne rappela que, après l’armistice, l’Union des anciens combattants, en plein accord avec la municipalité fit tout ce qu’il était possible de faire pour la rentrée des corps des soldats d’Harnes sur les différents champs de bataille. Il remercie la municipalité d’avoir accordé la concession du terrain à perpétuité, il remercie les architectes, entrepreneurs et généreux donateurs et rappelle le courage et le sacrifice de ceux qui sont morts pour que vive le pays. Ce mausolée, dit-il en terminant, rappellera les vertus et les souffrances de nos chers camarades tombés au champ d’honneur, auxquels il a associé la mémoire des victimes de la guerre 1870-1871.Jurons que jamais nous ne les oublierons. Les drapeaux s’inclinent, puis a lieu une minute de silence, en signe de recueillement et de pensée pour les grands morts. Un chœur de jeunes filles chante ensuite : A ceux qui reposent là-bas.
Choquet prit à son tour la parole et prononça une émouvante allocution. De quelques mots, dit-il, courts comme un adieu, je remercie au nom de la municipalité et de la ville les généreux donateurs qui ont souscrit pour l’érection du monument : l’association des anciens combattants et des mutilés qui, grâce à leurs efforts permirent de réaliser cette belle œuvre du souvenir. Aujourd’hui, grâce aux efforts constant de la France démocratique, on peut mesurer le progrès constaté depuis la signature du traité de Versailles. Il parle de l’œuvre de la Société des Nations et du récent traité de Locarno qui permet d’envisager enfin la fin des guerres. Espérons que le progrès ira aussi vite à faire le bien que, jadis il fit le mal. Puis se tournant vers le monument, il ajouta pour terminer : Héros ! Votre sacrifice n’a pas été inutile car, dès maintenant, on peut espérer qu’au lieu de se nourrir de haine, on s’inspire de la justice comme règle. La voix des morts nous convie au travail, à l’union, au bonheur et à la paix.
Un groupe de jeunes filles et de jeunes hommes chante l’hymne de Victor Hugo
«Aux Morts». M. Fontenailles, président de la fédération départementale des anciens combattants clôture la série des discours. Il remercie la population, rappelle les sacrifices consentis par nos grands morts et demande de ne pas oublier leur doux souvenir. La musique municipale joue ensuite la Marseillaise.



Discours de M. Fontenailles :


«C’est une belle et réconfortante pensée qu’ont eu nos camarades d’Harnes, d’accord avec une municipalité bienveillante et reconnaissante aux combattants, avec une population particulièrement généreuse, en élevant ce monument à la mémoire des compagnons de votre ville que la guerre a enlevé à notre amitié et à notre affection. Certes, les monuments sont très nombreux, qui par des souscriptions publiques ou trop rarement grâce aux dons fait par des français voulant montrer leur gratitude aux soldats qui sauvèrent leur vie et leur fortune, s’élèvent à présent à la gloire de ceux qui moururent à nos côté et dont le souvenir ne doit pas disparaître, si nous voulons que tous les citoyens d’une nation libre, créatrices surtout des nations aussi libres, ici comme ailleurs continuent à vivre dans l’indépendance et la liberté, dans l’honneur et la discipline. Dans l’intention, précisément, non pas de tuer la guerre, mais d’abolir l’esprit de guerre en créant l’esprit de fraternité universelle par la justice individuelle et l’intégrale réparation pour l’individu qui a souffert, comme pour les nations qui ont été aussi des martyres, nos associations se sont créées ; et depuis l’armistice, leur élan pas un instant ne s’est démenti. A leurs appels se sont dressés les hommes de bonne volonté, et de toutes les provinces et de toutes les opinions, qui ont cru que pour faire la paix juste et durable, il fallait d’abord panser les blessures et les deuils et croire à l’amour entre les hommes. Nos luttes ont été rudes, non pas tant contre nos concitoyens qui surtout dans des bourgs comme le votre avaient vécu autant que nous l’effroyable misère de la haine et de l’exil chez soi, mais contre cet esprit qui, devançant les temps et les hommes misérables aurait voulu chez certains aimer l’injuste et l’agresseur pour oublier qui à fait son devoir. Aujourd’hui, ayant repris sa place et la première, dans le concert des nations, ayant dicté l’œuvre de paix pour laquelle seulement nous nous étions battu, la France considère combien fut grande la misère, si combien grands d’abord furent sa gloire et son honneur.Avoir payé de tant de sang le droit de vivre libre et indépendants, hommes qui pouvons à présent aimer tous les hommes, qui avaient eu confiance en la France aux heures des dangers nationaux, et même aux heures de leurs défaites, y a t il plus grande peine et est-il plus grand deuil ? En élevant ce mausolée qui domine les tombes de vos 237 concitoyens tombés pour la patrie et le triomphe du droit universel, vous avez seulement continué la tâche que nos associations s’étaient librement tracée ; maintenir le souvenir au cœur des hommes qui ne veulent pas être ingrats, réparer les injustices engendrées par la guerre terrible et qui fut une véritable révolution pour tous les peuples appeler dans la concorde par l’effort commun, tous les citoyens libres qui aspirent à la justice dans la dignité. C’est pourquoi, m’inclinant devant la douleur des veuves, des vieux parents, des orphelins que nous avons librement pris à charge, je remercie votre municipalité et votre belle association en demandant que pas seulement au sein de notre fédération départementale des combattants de l’union fédérale, l’exemple tracé par vous soit imité afin que disparaissent à jamais les haines qui, jetant les hommes face à face et armés, font reculer les libertés et reculer l’humanité.»



Note de l'auteur :


Quand j'étais gamin le 11 novembre était une journée importante : Nous devions nous habiller en dimanche, il faisait toujours gris ou il pleuvait et nous devions mon frère et moi accompagner notre père pour aller, dés l'ouverture à 10heures, à la Salle du Souvenir. Dans mon cœur, je vois encore Monsieur Soufflet nous y accueillant, solennel et bienveillant, en costume pour l'occasion et non pas revêtu de son habituelle blouse grise d'instituteur et j'entends encore mon père le saluer d'un martial et amical à la fois « Bonjour mon Capitaine» !
Mon père était Pupille de la Nation et son destin comme celui de nombreuses familles avait été bouleversé par la Grande Guerre. Son respect envers l'héroïque courage des Poilus était immense et il a su le communiquer à ses enfants. Je garde intact, le souvenir de ses récits, de ses anecdotes et mes pensées vont vers lui chaque fois que je m'arrête quelques minutes devant ce Monument aux Morts.
Il était là lors de son inauguration, ce 11 Novembre 1925 ; je ferme les yeux , je le vois au premier rang parmi d'autres orphelins de son âge et j'entends éclater les sanglots trop longtemps contenus, tandis que sonne le clairon !
Que maudite soit la guerre !
Aujourd'hui, je sais que les civilisations sont fragiles et mortelles et pour moi la guerre de 14-18 reste toujours une énigme :
Pourquoi l'Europe avait -elle choisi de se suicider ?