jeudi 30 avril 2009

Les socialistes seront dans la rue le 1er mai.



La fédération du Pas de Calais du Parti socialiste appelle les militants à participer nombreux aux manifestations organisées le 1er mai .
Le 1er mai 2009 revêt un caractère particulier.
Par deux fois déjà cette année, le 29 janvier et le 19 mars, les Français, à l’appel d’une intersyndicale unanime, sont descendus dans la rue pour exiger des mesures en faveur de l’emploi, du pouvoir d’achat et des services publics.

Pourtant, le gouvernement n’a pas pris la mesure de la crise sociale qui frappe le pays et de la colère qui monte contre sa politique socialement injuste et économiquement inefficace.

Pour le Parti socialiste, le message que lui adresseront les manifestants du 1er mai sera simple : il est temps de remplacer le bouclier fiscal, qui ne profite qu’aux plus riches, par un bouclier social pour tous les salariés.

Le Premier Mai



En 1896 à Chigaco, des ouvriers déclenchent une grève générale pour obtenr de meilleures conditions de travail et ramener à 8 heures les journées de travail, qui étaient alors de 12, 14 voire 16 heures par jour… Ces hommes défendaient un idéal qui aujourd’hui nous semble simple : l’application des trois huit:
Huit heures de travail, huit heures de sommeil et huit heures de loisirs

Chicago a vécu alors des heures de ”guerre civile” et 60 policiers sont tués dans les affrontements. L’état de siège a été décrété et les organisateurs du mouvement ont été emprisonnés. Suite à un procès expéditif, le 9 octobre, Parsons, Engel, Fischer, Ling et Spies ont été condamnés à mort par pendaison. D'autres sont condamnés à la prison, à vie pour certains.

Augusto Spies aurait déclaré après le jugement : “Si avec notre pendaison vous pensez être capables de détruire le mouvement ouvrier et mettre a genoux ce mouvement de millions d’êtres humains humiliés, qui vivent dans la pauvreté et la misère, alors allez-y, pendez-nous.
Mais vous n’allez qu’étendre une étincelle. Quelque part, devant ou derrière vous, partout dans le monde, de nouveaux feux verront le jour. C’est un feu souterrain que vous n’arriverez pas a éteindre.”


Et le feu ne s’est jamais éteint dans le cœur de tous ceux qui rêvent d’un monde meilleur.



En France , à Fourmies en 1891, les ouvriers souhaitent commémorer le souvenir des martyrs de Chigaco, mais le Patronat s'y oppose. Comme en témoigne la carte postale-photo reproduite plus haut, non seulement la gendarmerie est mobilisée mais aussi l'armée. Le matin du 1er mai, quatre premiers ouvriers sont arrêtés pour manifestation non autorisée. La solidarité s'organise.
Peu avant 18h30, tout va basculer en quelques instants.
Une foule d'environ 2 à 300 personnes, hommes, femmes et enfants, crie des slogans sociaux et appelle à la libération des quatre "camarades" retenus depuis des heures déjà. Des cailloux volent place du Marché. Des insultes aussi. Ni plus, ni moins...
En face. Des gendarmes à pieds. D'autres à cheval. Mais surtout, en première ligne, les uniformes du 145e de ligne caserné à Maubeuge ainsi que ceux du 84e RI d'Avesnes.
L'officier le plus haut en grade, le commandant Chapus, prend la responsabilité d'ordonner, de hurler :
- " Feu ! Feu ! Feu rapide ! Visez le porte-drapeau !"
Et quand il appelle à un feu rapide, c'est parce que la troupe vient d'être dotée de fusils (de guerre, forcément) Lebel à neuf coups. Le nec plus ultra du progrès. Pour une armée rêvant d'une revanche sur 1870.

Gravure plus fidèle aux faits. Entre la troupe qui vient de canarder et les manifestants touchés ou en fuite éperdue, l'abbé Margerin. Brandissant une croix, il appelle au cessz-le-feu (DR).

L'inauguration des fusils Lebel s'est soldée, si l'on peut écrire, par dix morts.
L'intensité et la sauvagerie de cette mise en joue de civils est attestée par le nombre de projectiles ayant atteint chaque victime : 32 balles de guerre pour 9 morts.
Quant aux âges et aux sexes des cadavres relevés après le coup de sang de la troupe, ils démontrent que les soldats ne pouvaient se sentir en danger réel. Ils ont tué non pour se défendre mais pour réprimer au prix de vies d'innocents :
Maria Blondeau, 18 ans, une balle dans la tête,
- Emile Cornaille, 11 ans, une balle au cœur,
- Ernestine Diot, 17 ans, une balle dans l’œil droit, une dans le cou, cinq autres encore dans le corps,
- Kléber Giloteaux, 19 ans, cinq balles dont trois dans la poitrine,
- Louise Hublet, 20 ans, deux balles au front et une 3e dans l’oreille,
- Charles Leroy, 20 ans, trois balles,
- Gustave Pestiaux, 14 ans, deux balles dans la tête, une 3e dans la poitrine,
- Emile Ségaux, 30 ans, cinq balles,
- Félicie Tonnelier, 16 ans, une balle dans l’œil gauche, trois autres dans la tête

et Camille Latour, 46 ans, mort le 2 mai des suites de la fusillade.

Selon les critères administratifs de l'époque, neuf victimes sur dix étaient des mineurs d'âge. Dont cinq jeunes femmes. Et deux gamins de 11 et de 14 ans...

C'est à eux que je pense ce matin en me rendant au défilé. A la folie meutriére qui défie la raison humaine....A la mort tragique de Brahim BOUARRAM, jeune père de famille marocain de 29 ans résidant en France, criminellement jeté dans la Seine par des manifestants d’extrême droite, un 1er mai de haine aveugle, en 1995.
Et à Augusto Spies et au feu qui jamais ne s’éteindra dans le cœur de tous ceux qui rêvent d’un monde meilleur...

mercredi 29 avril 2009

Benoit 13 et 3 et la fièvre porcine



Sublime telescopage!

L' ÉLYSÉE BÉNIT LES DIPLÔMES CATHOS


Un dimanche, c'est le jour que Nicolas Sarkozy a choisi pour publier au Journal Officiel un décret qui torpille un des piliers de la laïcité : désormais, la France reconnaît les diplômes de l'enseignement supérieur catholique à égalité avec les diplômes publics. Dans un silence médiatique assourdissant.

Dans son discours de Latran du 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy jugeait "dommageable" que les diplômes des universités catholiques ne soient pas reconnus par l'État français. Le "dommage" est maintenant réparé. Le décret du 19 avril précise urbi et orbi que cet accord vaut pour "reconnaissance mutuelle des périodes d'études, des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur". Sont concernés le baccalauréat, la licence, le master et le doctorat. De fait, la loi de 1880 qui préservait l'autorité unique de l'Etat en matière d'attribution de diplômes est abolie.

"Proprement inacceptable"

Le 18 décembre dernier, la France et le Vatican avaient signé un accord préalable, soulevant des volées de critiques, notamment de la part de la Conférence des présidents d'université qui l'avait jugé "proprement inacceptable". Gênés aux entournures, Bernard Kouchner et Valérie Pécresse avaient alors publié un communiqué précisant que seules les "disciplines canoniques" étaient concernées et que les universités conserveraient le droit de reconnaître ou non les diplômes visés par le Vatican. Les mécréants étaient ainsi invités à retourner méditer leur sujet...
Un décret tout puissant
Las, le décret publié prévoit que seule la Congrégation pour l'Education catholique peut définir la "liste des institutions ainsi que des diplômes concernés", dans tous les domaines, autant sur le sol du Vatican que dans l'hexagone. En outre, la reconnaissance des diplômes - profanes (économie, médecine...) ou canoniques (théologie...) - par les universités françaises est automatique.
Cette législation est issue du "processus de Bologne", par lequel les États européens se sont engagés à établir d'ici à 2010 un "espace commun de l'enseignement supérieur" qui devait voir la naissance de diplômes européens reconnus par tous. Sauf que le décret va largement au delà des propositions émises dans ce cadre, qui ne prévoyaient aucune automaticité, pas plus qu'il ne devait conceLes mots ont un sens")rner les diplômes nationaux.

Nicolas Sarkozy bientôt canonisé ?

"Lorsqu'il s'agit de morale, l'instituteur n'approchera jamais le curé ou le pasteur" clamait Nicolas Sarkozy, lors de son discours de Latran. Et lorsqu'il s'agit d'éducation ? Pas mieux, si l'on s'en tient à ce décret.
Un des piliers de la laïcité, la loi de 1880 entérinée en 1905 par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, vient d'être torpillé... dans une indifférence médiatique quasi-générale.
(Article publié sur le site " Les mots ont un sens "

lundi 27 avril 2009

Le 1er mai : résistance, espoir et changement France


Partout dans le monde, le 1er mai est le moment du rassemblement de toutes les forces de gauche, syndicales, associatives, politiques. Partout, les femmes et les hommes de gauche prolongent le combat collectif de leurs aînés en faveur de meilleures conditions de travail et de vie.

Du combat pour la journée des trois-huit (huit heures de travail, huit de loisirs et huit de sommeil) à la revendication des congés payés, les 1er mai ont été marqués par des revendications qui ont changé la vie des salariés et des travailleurs.

Le 1er mai 2009, fidèles à notre identité, nous porterons un message de résistance, d’espoir et surtout de changement.
Résistance face à la politique du président de la République qui construit une société de plus en plus injuste et violente.
Résistance aussi à l’occasion des élections européennes du 7 juin prochain contre une Europe libérale et antisociale.

Dans lemême élan, il faut dire Stop à Nicolas Sarkozy.
Stop à la politique libérale qu’il mène en Europe avec le PPE et la Commission Barroso.
Stop à la privatisation des services publics.
Stop au dumping social et fiscal.
Stop à une Europe égoïste qui refuse d’avoir une vraie politique de co-développement avec les pays du Sud.

Et surtout,pour redonner espoir aux Français et aux Européens malmenés par la crise,nous proposons le changement maintenant :
changement pour jeter les bases d’un nouveau système économique qui permette une croissance durable et verte, qui inscrive l’être humain au coeur de nos politiques.

Changement pour une Europe sociale.

Les élections du 7 juin prochain doivent être les élections du changement en Europe et de la sanction de la droite au pouvoir depuis 2004. L’Europe libérale amontré qu’elle était incapable de répondre aux défis de la crise. Les seuls à pouvoir construire une majorité alternative à celle de la droite sont les socialistes européens, présents dans les 27 pays de l’Union et rassemblés autour d’une orientation politique commune, le Manifesto.
Certains pensent qu’aucune manifestation n’a changé le cours de l’Histoire. Depuis les ouvriers de Chicago du siècle dernier, ceux de Solidarnosc dans les années 1980, jusqu’à la mobilisation contre le CPE, c’est au contraire lorsque la mobilisation sociale rejoint celle des urnes que les conquêtes sociales sont au rendez-vous.
À nous d’écrire cette page de l’Histoire de l’Europe et de la France.

Martine AubryPremière Secretaire du PS

L'homme de la Mancha



Les Espagnols ont tout compris: Sarko est un manche !

dimanche 26 avril 2009

Souvenirs, souvenirs...



Quelle gabegie financière!
Sarkozy et l'UMP ont vidé les caisses de l' Etat pour donner de l'argent aux plus riches d'entre nous.

Lisez cet article de Libé, avant que l'UMP s'empare du pouvoir....

LIBERATION . Politiques 18/11/1998 à 14h29

Un budget 1998 bouclé comme un cadeau de Noël.
Le gouvernement dégage une cagnotte de 14 milliards.
par RAULIN Nathalie

C'est avec une facilité déconcertante, aux regards des critiques que formulait l'opposition à l'automne 1997, que le gouvernement Jospin va boucler l'exercice budgétaire 1998. Le collectif budgétaire que Dominique Strauss-Kahn présente ce matin en Conseil des ministres officialise ce dont personne ne doutait plus: non seulement le gouvernement a respecté mais il a amélioré l'équilibre initial de la loi de finances. Original: d'habitude, on racle les fonds de tiroir pour joindre les deux bouts du budget; cette fois, on dispose d'une rallonge inespérée de 14 milliards. Et ce qui, autrefois, eût été l'objet de communiqués de victoire passe presque inaperçu: les déficits seront ramenés fin 1998 à 2,9% du PIB, en deça du seuil des 3% imposés par Maastricht. La France est qualifié pour l'Union monétaire européenne. Le contraire eût étonné.
Il y a plus intéressant. Dopé par le dynamisme de la consommation intérieure, les recettes fiscales sont rentrées à flot dans les caisses de l'Etat. Au contraire de ses prédécesseurs, le ministre de l'Economie peut donc faire apparaître une cagnotte de 13,9 milliards de francs (dont 11 milliards de plus-values fiscales tirées de la TVA) non budgétisée l'an passé. Que fallait-il en faire? L'affecter intégralement au déficit budgétaire aurait eu un avant-goût de rigueur peu susceptible de soutenir le moral des Français et de satisfaire la gauche plurielle. Mais initier des crédits nouveaux risquait de charger un peu plus la barque des dépenses publiques.
Dominique Strauss-Kahn navigue donc au plus près. Pour rassurer ceux qui douteraient de ses talents de gestionnaire, il baisse le déficit de l'Etat. Pas de beaucoup, mais l'intention y est. Ainsi, le déficit budgétaire sera en 1998 réduit de 3,3 milliards par rapport à l'objectif initial et ramené à 254,6 milliards. Reste 10,6 milliards de bonus fiscal à griller. DSK en affecte 8,7 milliards à l'apurement de dettes anciennes (dont 5,6 milliards destinées à rembourser à la Sécu les exonérations de charges sociales décidé par le gouvernement Juppé au titre de la ristourne dégressive). Une dépense certes, mais inévitable. Le solde (1,6 milliard) permettra de financer l'entrée en vigueur dès septembre 1998 de baisses d'impôts locaux (les droits de mutation sur les immeubles d'habitation) décidées dans le cadre du budget 1999. Parallèlement, le gouvernement engage 20,5 milliards de dépenses supplémentaires, qualifiées non de «nouvelles» mais de «courantes»: parmi elles, 1,9 milliard pour l'action sociale; 2,5 milliards alloués à Giat Industrie pour accompagner ses restructurations; 5,7 milliards de dépenses découlant du quadruplement de l'allocation rentrée scolaire décidée par Jospin. Le tout gagé sur des économies: 7,7 milliards sur le budget de l'emploi, 3,2 milliards sur la défense, et 5,7 milliards sur la charge de la dette (grâce à la baisse des taux).

Hallucinant non ?